Observatoire Mali (03 – 09 mars, 2025). Sécurité et politique nationales

Sécurité

  • Le mouvement armé anti-gouvernemental M23 cible les défenseurs des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), accuse mercredi une experte indépendante de l’ONU en évoquant notamment des détentions arbitraires, disparitions et tortures. Les défenseurs des droits de l’homme dans l’est de la RDC “ont besoin d’aide immédiate, y compris d’un soutien pour une réinstallation  temporaire avec leurs familles”, a déclaré Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits humains. Cette région de la RDC, qui connaît une violence endémique depuis trois décennies, a vu depuis le mois de janvier une offensive éclair des combattants du groupe armé anti-gouvernemental M23 appuyé par des forces rwandaises, qui ont notamment pris les deux grandes villes de Goma et Bukavu.

  • Les informations relayées par les réseaux sociaux par les agents infiltrés des terroristes, de leurs alliés et des sponsors locaux ne tentent personne et nul ne se laisse tenter. Ces informations sont consécutives à plusieurs autres allégations infondées qui tendent à inonder le Web qui n’est pas net par endroit pour filtrer bien des informations erronées. Un communique de l’État-Major Général des Armées informe l’opinion que des allégations .relatives à l’assassinat de 24 passagers civils, y compris des femmes et des enfants à bord de véhicules, sont portées contre les FAMa dans une zone vague non définie au Nord de GAO, le 17 Février 2025. Dans la zone du centre et plusieurs autres secteurs, des attaques sporadiques se perpétuent même jusqu’à ce premier jour du mois béni de Ramadan, 1er mars 2025, notamment à Timissa, cercle de Tominian en région de Ségou, où des tirs ont été entendus par les habitants, qui parlent d’affrontements entre communautés opposées. Ces informations sont à prendre avec des pincettes en attendant un éclairage de la Dirpa, seule habilitée à livrer les informations sur le front de la lutte contre le radicalisme et les radicalisés parmi les groupes armés terroristes.

  • Cinq ressortissants maliens ont été rapatriés des Etats-Unis et ont atterri le mercredi 26 février à l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako. Ce retour forcé s’inscrit dans le cadre de la politique migratoire stricte menée par Washington, qui vise à expulser les immigrés en situation irrégulière. A leur arrivé à l’aéroport Modibo Keita, ils ont été pris en charge par les autorités maliennes et plusieurs organisations d’aide aux migrants. Aucune déclaration officielle n’a été faite, mais ces expulsions ne sont pas une nouveauté. Chaque année, de nombreux Maliens, comme d’autres ressortissants africains, sont contraints de quitter les États-Unis après l’échec de leurs démarches administratives. La question se pose : pourquoi les Etats-Unis expulsent-ils des étrangers, notamment des Maliens ? Plusieurs explications pourraient être avancées. Selon plusieurs versions américaines relayées sur les sites d’informations, la lutte contre l’immigration illégale. Washington applique strictement ses lois migratoires. Toute personne en situation irrégulière ou ayant dépassé la durée de son visa risque l’expulsion.

  • Alors qu’elle se rendait à Kita pour présider une cérémonie officielle, la délégation du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a été attaquée par des hommes armés. Cet assaut, survenu sur une route nationale est le deuxième du genre. L’attaque terroriste contre le ministre de l’Environnement est survenu moins d’un mois auparavant, une embuscade similaire avait ciblé la délégation du ministre de l’Enseignement supérieur en route pour Sikasso. La répétition de ces attaques interroge : assiste-t-on à une nouvelle stratégie des groupes terroristes visant à entraver les déplacements des membres du gouvernement et, par extension, à affaiblir l’autorité de l’État dans les régions? Depuis des années, les groupes armés tentent d’étendre leur emprise en restreignant la présence des autorités étatiques sur le terrain. En s’attaquant désormais directement aux délégations ministérielles, ils envoient un message clair : dissuader toute initiative gouvernementale visant à restaurer son autorité dans certaines zones.

Politique et Affaires Nationales

  • Alors que tout le monde parle de la réduction du nombre de partis politiques, il y a le lancement de nouveaux. Selon les indiscrétions, un cadre politique s’apprête à lancer son parti politique, le weekend prochain. Proche d’un cadre politique en fuite, le promoteur de ce futur parti veut sûrement emboiter le pas à d’autres cadres politiques. On ne comprend pas pourquoi les gens se permettent de créer des partis politiques au moment où le processus de révision de la Charte des partis est enclenché. On a assisté la semaine dernière au 1er congrès d’Espoir de la démocratie et de la République (EDR), qui  a élu Me Demba Traoré, héritier politique de feu Soumaïla Cissé à la tête du parti. Ce congrès s’est tenu deux ans après la création du nouveau parti et cinq ans après la disparition de Soumaïla Cissé. Selon des critiques, on crée des partis politiques comme s’il en pleuvait malgré les recommandations des Assises. Jeudi 12 décembre, le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale, Abdoulaye Maïga, a répondu à des accusations selon lesquelles 100 partis politiques ont été créés pendant la transition. Abdoulaye Maïga a réagi qu’il y a eu plutôt 66 partis politiques qui  ont été créés  entre  2020-2024.

  • La gouvernance instaurée, ces dernières années, à l’Institut Nationale de Prévoyance Sociale (INPS), est pleine d’espoir. Cette juxtaposition naturelle du passé et du présent au sein de la structure a amené son Directeur Général, Ousmane Karim Coulibaly et son équipe, à consolider et à améliorer constamment les acquis en termes de prestations et de qualité de service rendu pour une meilleure protection sociale des assurés de l’Institut et l’apport d’assistance aux employeurs pour la survie et le développement de leurs entreprises. Du coup, sur le plan social et économique, l’INPS sous la tutelle du Ministère de la Santé et du Développement sociale est au cœur de l’exécution du programme social. L’INPS est un maillon incontournable du développement social et économique au Mali. Cependant, la Protection Sociale de façon générale est l’ensemble des mesures préconisées par l’État et les Collectivités pour assurer la prise en charge des risques sociaux de la population. Elle est désormais perçue au plan mondial et au Mali, comme une composante clé dans les stratégies de réduction de la pauvreté. En bloc, la sécurité sociale contribue à briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté par le développement du capital humain.  
  • Convoqué par la  Cour Suprême du Mali  ce  mercredi 5 mars, où  il a été auditionné par la Chambre d’instruction  pendant 7 heures d’horloge, l’ancien premier ministre , Moussa Mara, est  rentré chez lui sans  que la  justice  ne retienne aucune charge  contre lui.  L’ex-chef du gouvernement  affirme  sur sa page Meta qu’il a été entendu en sa qualité de témoin. « Je sors  après avoir fourni toutes les informations et connaissances relatives au dossier en question », a  écrit  Moussa Mara qui a formulé  des  remerciements  à l’endroit de ses proches  pour leur marque de soutien. Dans  ce post,  l’ancien premier ministre évite de  donner  des détails  sur la nature du dossier  sur lequel  il a  été auditionné encore moins  les informations qu’il a fournies à la justice.  Même si,  il ne  donne pas de détails, le  commun des mortels  sait qu’il a été  cité  à témoigner  dans le dossier dit « de l’achat du Boeing présidentiel » acquis en 2014 par la présidence malienne.

  • La montée des couleurs a eu lieu hier simultanément dans les trois pays de la Confédération Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a présidé hier, au palais de Koulouba, la première montée simultanée des drapeaux du Mali et de la Confédération des États du Sahel (Confédération AES). L’événement a réuni le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, et le président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée Malick Diaw. Étaient également présents des membres du gouvernement et des représentants du corps diplomatique accrédité au Mali. Ce moment marque un pas vers le renforcement des liens entre les pays de la Confédération des États du Sahel (Confédération AES) tout en réaffirmant la souveraineté et l’identité nationale du Mali à travers son drapeau. La création de la Confédération des États du Sahel représente une étape majeure dans la coopération régionale en Afrique de l’Ouest, illustrant un effort concerté pour consolider l’unité et la collaboration entre le Burkina Faso, le Niger et le Mali. La mise en œuvre de la feuille de route, sous la présidence malienne, reflète l’engagement de ces nations à promouvoir la stabilité et le développement dans la région.

Relations Internationales

 

  • Depuis quelques jours des allégations faisant état de la situation de nos compatriotes vivant en Mauritanie, circulent dans certains médias. Suite aux informations faisant état de l’arrivée de plusieurs de nos compatriotes au poste frontalier de Gogui en provenance de la Mauritanie, le département en charge des Maliens établis à l’Extérieur a dépêché une mission sur place, conduite par le délégué général des Maliens de l’extérieur. C’est ce qu’on retient essentiellement du communiqué rendu public ce vendredi 7 mars par le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, qui précise qu’un soutien financier et matériel d’urgence a été apporté aux premiers arrivants et un accueil digne leur a été réservé.

  • Le Président de la République du Ghana, John Dramani Mahama est arrivé, ce samedi 08 mars, au Mali dans le cadre d’une visite de travail et d’amitié. Il a été accueilli, à l’aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou, par son homologue malien, le Général d’Armée Assimi Goïta. C’était en présence du président du Conseil national de Transition ( CNT ), le Général de corps d’armée Malick Diaw, des membres du gouvernement, dont le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop. L’on notait également la présence des membres du corps diplomatique accrédité dans notre pays. C’est un peu après 11 heures que John Dramani Mahama est arrivé à bord de l’avion présidentiel sur le tamar de l’aéroport de Bamako. Protocole oblige, le Chef de l’État ghanéen a été accueilli à sa descente d’avion par le Président de la Transition. Les deux personnalités ont ensuite procédé au salut des drapeaux sous les hymnes nationaux des deux pays exécutés par la fanfare du génie militaire.

  • A l’occasion du «Jour des défenseurs de la patrie», une célébration prestigieuse de l’héroïsme et du dévouement envers la Nation, la Fédération de Russie a décerné la «Médaille d’honneur militaire russe» à Dr Fousseynou Ouattara. Expert en finance de marché et dé­tenteur d’un Ph.D. Economic Sciences (Strategic management), le récipiendaire est aussi le vice-président de la Com­mission Défense nationale, Sécurité et Protection civile du Conseil national de transition (CNT) et président du Collectif pour la refondation du Mali (COREMA). Remise par le Général Morzov, au nom du ministère russe de la Défense et en présence de membres éminents de la mission militaire russe dans notre pays, cette distinction témoigne non seulement de la reconnaissance des «mérites exceptionnels» du Dr Ouattara, mais aussi de «l’importance de l’amitié et de la coopération entre les nations». Pour des observateurs, c’est «un immense honneur» mérité par ce «grand patriote» dont «l’engagement et le courage, en tant que défenseur de sa patrie, sont indiscutables» !

  • Face à des défis sécuritaires et environnementaux croissants, le Mali et le Sénégal renforcent leur collaboration, dépassant les divergences politiques au sein de la Cedeao pour privilégier des relations bilatérales pragmatiques. Début 2025, la coopération entre les deux pays connaît un nouvel élan, marqué par le lancement officiel, le 20 février 2025, de patrouilles conjointes dans la région frontalière de Diboli, près de Kayes. Cette initiative vise à contrer la menace grandissante du groupe jihadiste JNIM, responsable de plusieurs attaques et de l’assassinat de figures religieuses soufies proches de Dakar. Les opérations mobilisent la Zone militaire N°4 et le GARSI du côté sénégalais, s’appuyant sur l’expérience des patrouilles tripartites menées en septembre 2024 avec la Mauritanie.

  • Moins d’une semaine après la validation du drapeau de l’Alliance des Etats du Sahel,  les présidences malienne et Burkina Faso ont décidé  d’ériger ce drapeau à la place de celui de la Communauté Economiques des Etats de l’Afrique de l’ouest. Le Burkina Faso et le Mali disent adieu aux couleurs de la CEDEAO après  50 ans de présence dans les Institutions des deux pays.  Ce lundi 3 mars,  les chefs d’Etats des deux pays ont chacun  respectivement  à la descente des couleurs de la CEDEAO puis  à la levée des couleurs  de l’AES dont  le drapeau vient juste d’être validé par  les dirigeants de la confédération. Désormais symbole de l’unité et de la solidarité entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger,  la montée de ce drapeau a  drainé  à la Présidence malienne  plus du Président de la  transition, le général d’armée Assimi Goïta, les autres  chefs d’institution de  la transition  le Président du Conseil national de Transition, le Général de Corps d’Armée Malick DIAW, le Premier ministre, Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de Division Abdoulaye MAIGA,  le membres du gouvernement, les diplomates accrédités au  Mali.