Observatoire Mali (10 – 16 mars, 2025). Sécurité et politique nationales

Sécurité

  • Ainsi, depuis le 10 mars 2025, elles ont neutralisé plusieurs combattants terroristes et détruit de nombreuses bases ennemies dans les forêts de Bozola, Sota, Sounga -Mar-Ka, Wolon et Dougouni, situées dans le secteur de Macina, dans la Région de Ségou, a annoncé ce jeudi 13 mars la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées (Dirpa), sur les plateformes digitales. Selon la source sécuritaire, ces terroristes neutralisés etaient auteurs des pressions sur les populations desdites localités. Parallèlement, «des frappes aériennes ont visé les terroristes harcelant les populations de la localité de Nouh Bozo dans le Cercle de Diafarabé (Région de Mopti) et détruit plusieurs de leurs refuges», ajoute le communiqué. En outre, une reconnaissance offensive de 48 heures dans les secteurs de In-Aarabane et In-Ekar dans la Région de Ménaka a permis de neutraliser plusieurs terroristes, détruire une importante base logistique terroriste et récupérer d’importants équipements militaires. En cette circonstance, l’état-major général des Armées rassure les populations que les opérations se poursuivent.

  • Au moins 528 migrants maliens ont été refoulés par la Mauritanie vers Gogui, localité située à la frontière du Mali avec la Mauritanie, a déclaré à Anadolu Dr Boulaye Keita, conseiller technique chargé des questions migratoires au ministère des Maliens établis à l’extérieur et l’intégration africaine. Les opérations de refoulement ont commencé depuis le 2 mars, a ajouté Keita avant d’ajouter que « les pays sont souverains de prendre des décisions en vue de mieux gérer la migration, l’arrivée sur leur territoire. Donc, depuis effectivement un certain temps, la Mauritanie a pris la décision pour l’ensemble des étrangers qui vivent sur son territoire. Il ne s’agit pas que de Maliens. Il faut que ce soit clair ». Boulaye Keita indique, en outre indiqué que “la Mauritanie a invité les migrants à se faire identifier à travers une opération spéciale d’enroulement où ils disposeront de titres de séjour, tous ceux qui ne seraient pas en règle sont souvent expulsés vers leur pays d’origine”.

  • Dans une opération coup de poing menée dans la nuit du 7 mars, les FAMas ont repris le contrôle d’Inaraban, ancien bastion de Daesh dans le Maghreb islamique et le grand Sahel. Après des combats intenses, plusieurs terroristes surpris dans leur fief ont vite été neutralisés et d’importantes bases logistiques détruites. Cette victoire marque un tournant majeur dans la sécurisation de la région de Ménaka, affaiblissant considérablement l’ennemi. Toutefois, apprend-t-on de sources sûres, les survivants qui tentent de s’échapper cherchent encore en même temps à se regrouper. Appelant à une vigilance accrue dans cette zone frontalière stratégique entre le Mali et le Nige, l’État-Major des Armées applaudit une avancée décisive dans la lutte contre le terrorisme en territoire malien et dans la zone des trois frontières des pays du Liptako-Gourma qui forment la Confédération AES.

Politique et Affaires Nationales

  • Le jeudi 13 mars 2025, le Président de la Transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Chef de l’État, a fait le point sur la présidence malienne de l’Alliance des États du Sahel (AES), à quelques mois du prochain sommet. Le Président de la Confédération des États du Sahel était accompagné, à cette occasion, de huit membres du Gouvernement, dont les ministres des départements concernés par cette question. Il s’agit, entre autres, du Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général Sadio CAMARA, du Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye DIOP, et du Ministre de l’Économie et des Finances, Alhousseini SANOU. C’est en sa qualité de Président de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel que le Président GOÏTA a présidé cette réunion de haut niveau au Palais de Koulouba. Les échanges ont porté sur le bilan des activités menées dans les secteurs prioritaires durant cette présidence malienne de l’AES, depuis le premier sommet tenu en juillet 2024 à Niamey, au Niger.

  • Une nouvelle crise secoue le secteur bancaire malien. Dans une affaire de messages SWIFT (garanties), deux cadres d’Ecobank ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt. Pour le Syndicat des agents de banque, il s’agit d’une situation inadmissible car les deux banquiers ont respecté la réglementation bancaire et les procédures d’Ecobank. Deux heures de sit-in devant toutes les banques du lundi 10 mars au mercredi prochain, à partir de 8h. « L’arrêt immédiat de tout transfert des garanties de la société EDM.SA, des structures publiques et parapubliques jusqu’à nouvel ordre ». Les deux décisions ont été prises samedi dernier à l’annonce de la mise sous mandat de deux banquiers. Une assemblée générale est convoquée ce jeudi 13 mars par le syndicat national des assurances, banques et établissements financiers et commerce du Mali (Synabef).

  • Après des mois de tractations, l’Union européenne dévoile mardi ses propositions pour accélérer les expulsions d’étrangers en situation irrégulière, en offrant en particulier un cadre légal à la création de centres pour migrants en dehors de ses frontières. Sous pression pour durcir sa politique migratoire, la Commission européenne doit présenter ses propositions en début d’après-midi, dont celle concernant des “hubs de retours”, réclamée avec force par certains Etats membres mais très critiquée par les ONG. Actuellement, moins de 20% des décisions d’expulsion sont suivies d’effets au sein de l’UE. Lors d’un sommet à Bruxelles à l’automne, les 27 Etats membres avaient exigé “en urgence” une loi pour les faciliter.

  • Après les étapes avec les forces vives de la nation, la rencontre autour de l’avant-projet de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale a pris fin du 24 au 25 février avec les institutions maliennes, notamment la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, le Conseil économique, social, environnemental et culturel, ainsi que le Gouvernement. Selon le président de la Cour suprême, Fatoma Théra, les échanges ont été très fructueux. “Nous avons pu prendre conscience de l’importance de cette future Charte et de son impact. Toutes les questions ont été abordées point par point”, a-t-il déclaré. La Cour suprême, en tant que plus haute juridiction, a formulé des observations sur la portée juridique de cette charte et sur son ancrage par rapport aux autres textes législatifs. “Nous avons conclu que cet acte constituera un document de référence”, a précisé Fatoma Théra. Toutefois, le débat demeure sur la portée juridique de la Charte, bien que celle-ci repose sur la Constitution.

Relations Internationales

  • Dans un communiqué rendu public en fin de semaine, le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’intégration africaine donne des apaisements et fait part des ententes entre nos deux pays par rapport à la gestion des migrants. Ainsi, le ministre a mené une mission chez nos voisins suite à l’arrivée de plusieurs de nos compatriotes au poste frontalier de Gogui en provenance de la Mauritanie. “Un soutien financier et matériel d’urgence a été apporté aux premiers arrivants et un accueil digne leur a été réservé”, précise le communiqué daté du vendredi 7 mars dernier. Dépêché en Mauritanie par le président de la Transition, Mossa Ag Attaher a rappelé que “nos deux pays frères ont, de tout le temps, vécu ensemble en parfaite harmonie. De même, de fortes communautés maliennes et mauritaniennes vivent de part et d’autre des deux frontières”.

  • Le Président de la République du Ghana, John Dramani Mahama, à la tête d’une forte délégation, a effectué, le samedi dernier, une visite d’amitié et de travail dans notre pays.
    À son arrivée, le dirigeant ghanéen a été accueilli à l’aéroport international Président Modibo Keïta Sénou par son homologue, le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition. Étaient également présents à l’accueil certains membres du gouvernement dont le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop et son collègue de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Ahmadou Ag Ilyène, le Président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée, Malick Diaw ainsi que les autorités politiques et administratives du District de Bamako.